Débrouillards aux multiples « bureaux »

Il n’y a pas de sots métiers mais qu’il n’y a que de sottes gens. Zeus l’a compris et s’aligne au rang de ces nombreux congolais débrouillards qui débordent d’énergie et qui parviennent à survivre dans un environnement loin d’être facile. Etudiant à la Faculté de Droit de l’Université de Kisangani, il est aussi dans les affaires. Tous les jours, il sillonne les rues de la ville et les bureaux des entreprises publiques et privées pour vendre du poisson.
« Je vais chercher ma marchandise le matin à Kikongo ou aux Chutes Wagenia. Puis, accompagné de mon jeune frère qui m’aide à transporter notre bassin de poissons sur sa tête, je descends revendre mes poissons au centre-ville », m’a-t-il confié. Contrairement aux autres vendeurs de poissons qui attendent des clients au marché, Zeus a choisi d’aller vers ses clients. A la fin de la journée, il se retrouve souvent avec un bénéfice d’environ 8 000 francs congolais (équivalent à 10 dollars américains).
Seulement voilà, son gain journalier ne lui permet plus de supporter trop de charges qui pèsent sur ses épaules. « J’ai deux femmes et cinq enfants. Mais, la conjoncture actuelle me frappe de plein fouet. Je suis inscrit en deuxième graduat à la Faculté de Droit mais je ne suis plus en mesure de poursuivre mes études car les frais académiques coûtent cher. »
L’histoire de ce jeune homme fait ressortir deux phénomènes de société en république démocratique du Congo : un système social dégringolant et bien sûr la polygamie. S’il est vrai que les conditions de vie sont de plus en plus difficiles, il est étonnant de voir que bon nombre de mes compatriotes n’hésitent pas à épouser plusieurs femmes et à faire plusieurs enfants, alors qu’ils n’ont pas les moyens de les entretenir. Ce jeune débrouillard ne s’en sortirait-il pas mieux s’il n’avait pas autant de bouches à nourrir ? Et on rejettera encore et toujours la faute à l’Etat…
À une autre échelle, certains responsables politiques se retrouvent dans la même situation. Personne ne peut nier qu’on reconnait souvent un homme fort « mobali ya solo » par le nombre de ses femmes et concubines. Avec un peloton de « bureaux » à prendre en charge et de nombreux bambins à nourrir et scolariser, comment s’étonner que les Bakonzi aillent puiser dans les caisses de l’état pour arrondir les fins de mois ?









Joli photo pour un triste portrait !
Je plains ce jeune homme qui ne mérite même pas le statut de débrouillard car il est rêveur !!
Tenez, comment pense-t-il que la conjoncture actuelle devrait lui frapper autrementjusqu’à lui faire arrêter son cursus universitaire losqu’il ne sait pas gerer son instinct sexuel et se permet d’avoir deux femmes et 5 enfants ?
L’enfer, ce n’est pas les autres, c’est nous mêmes !!
La faculté de droit reste la meilleure femme à laquelle Zeus devra beaucoup de fidélité. Peut être avec elle il entrevoira le bout du trunnel. Personne ne se permettrait de lui faire de la morale. D’ailleurs il est trop tard. Il a trois femmes, qu’il s’appuie sur la meilleure.
On salue son courage.
du tunnel
La législation congolaise permet elle la pratique de la polygamie?
@ chloé :
Pour faire court, la réponse à ta question est affirmative. Le droit en RDC a deux branches : 1) le droit moderne et 2) le droit coutumier, qui, comme son nom l’indique, tombe sous le coup des pratiques traditionnelles. La polygamie est donc reconnue dans le droit coutumier. C’est d’ailleurs la même chose en Afrique du sud : Jacob Zuma, nouveau président de la RSA, avait 5 épouses (l’une d’elles étant morte, il lui reste donc 4 femmes)… Le problème, en RDC, c’est que le droit moderne fait impasse sur les droits des coépouses : en cas de mort du mari, les tribunaux, s’ils sont sollicités en cas de dispute, se rangent du côté de la première épouse pour lui accorder les biens du défunt.
Pardon vraiment, mais irresponsabilite des plusieurs congolais c’est grave!
Comme tu n`a pas encore gagner les moyens pour vivre toi-meme, pouraui prendre a son charge les femmes et les enfants? pour plaindre sa vie dure apres!!!
C’est son besoins de faire l’amour avec les filles; ou c’est ambition des jeuness garcons pour devenir homme-adult?!
pour 10usd/par-jour un garcon sans problem de sante et famille, peut vivre bien ? Kis, no?
@ Alex
Faux, en droit positif congolais, il n’est nulle part autorisé la polygamie. La législation congolaise en la matière dispose que le mariage est un contrat qui lie deux personnes, de sexe opposé, qui ne sont pas liés précedemment par un quelconque autre mariage. Je ne suis pas juriste mais c’est comme ceci.
@ Chloe
Donc, si tu es marié à une femme, tu ne peux pas contracter mariage avec une autre, sans que tu puisses au préalable divorcer avec la première.
Enfin, je suis d’accord avec Bony que Zeus a trois femmes, plutôt que deux comme nous dit Boyomais. Le droit, c’est sa troisième femme, mais pas la meilleure !
Congo Blog,
Enfin une analyse sensée sur les vrais maux du Congo!!!
Avant d’incriminer l’état, commençons par régler les
aberrations organisationnelle que fait subir « l’homo-congolus »
à -sa femme, ses enfants, famille et au Congo-!!!!
Le premier criminel qui ruine les chances de réussite du
Congolais c’est le congolais lui même et surtout « l’homo-congolus »*.
Sauf si nous considérons que le congolais n’est qu’un adolescent
attardé, alors on pourra considérer qu’il n’est pas responsable.
Tous ses problèmes et les solutions pour les résoudre ne dépendent
pas de lui mais des méchants « autres » qui l’entourent…
Bien à vous
Vakala
*l’homo-congolus= l’homme congolais
Il est vrai que la polygamie n’est pas autorisée en RDC mais beaucoup s’y adonne peut etre par ignorance, par plaisir ou se retrouve sans le vouloir dans cette situation. Dans tout les cas, je pense qu’on ne devrait pas autoriser la polygamie vu le cortège des problèmes qui s’ensuivent. Ayant moi meme vécu dans une famille polygame, je déconseille donc. En apparence on peut meme voir une entente parfaite mais en réalité ce sont des problèmes réels. Il y a une si grande rivalité à tel point que cela se repercute meme au niveau des enfants. Voyez ce qui se passe en Asie entre les juifs et les arabes. Meme Dieu lui meme n’est pas pour celà car au commencement il n’en était pas ainsi.
@ Oncle Gilba :
Le problème n’est pas aussi simple que tu le crois. La Constitution de la République Démocratique du Congo reconnaît expressément le « droit coutumier ».
Voici ce que dit l’Article 203 de la Constitution :
« Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, les matières suivantes sont de la compétence concurrente du pouvoir central et des provinces:
….
2. les droits civils et coutumiers;
… »
Par ailleurs, l’Article 204 stipule :
« Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, les matières suivantes sont de la compétence exclusive des provinces:
….
28. l’exécution du droit coutumier;
…. »
L’Article 207 stipule : « L’Autorité coutumière est reconnue.
Elle est dévolue conformément à la coutume locale, pour autant que celle-ci ne soit pas contraire à la Constitution, à la loi, à l’ordre public et aux bonnes mœurs ».
Or, dans le droit coutumier, la polygamie n’a jamais constitué une atteinte aux bonnes mœurs (on consultera Sohier). On peut donc conclure que la polygamie est légale au Congo. Dans d’autres pays, comme les USA ou la France, notre frère polygame sur la photo ci-haut pourrait été poursuivi pour infraction à la loi. Qu’on me montre les polygames congolais parmi des millions d’autres polygames congolais qui ont déjà été traduits en justice pour infraction d’une loi (inexistante) contre la polygamie !
Je rejoins parfaitement la plupart des intervenants. Comment appelle t’on un type qui est encore aux études, qui crève pour gagner 10$/jour et qui s’octroye le luxe de prendre 2 femmes en leur faisant 5 enfants ? un con ! tout simplement. Et il se plaint qu’il ne peut faire face aux frais académiques ! Un étudiant polygame ! décidemment tout est possible au Congo.
Comment voulez-vous que ce pays avance avec ce genre de comportement ?c’est d’une irresponsabilité criminelle.
Est-ce que le congolais est capable de se remettre en question ? Qui est responsable de la situation dans laquelle se trouve ce pays ? Ce ne sont pas les autres qui sont forts, c’est nous qui sommes tellement faibles, moralement et intellectuellement.
Oncle GILBA a défini le mariage selon le droit positif. Il n’y a pas à redire dessus. N’encouragez donc pas les gens à s’engager dans une voie qui trop souvent conduit à des regrets. Parlez leur plutot de ce qui se passe réellement dans les tribunaux pour leur éviter des déboires dans les procès. J’en connais qui ont tout abandonné après avoir été correctement renseigné.
Nous devons pas critiquer notre jeune frère avec ses deux épouses, au Congo, on frôle la polygamie, la monogamie est venue avec la crise économique, les histoires des bureaux, des makangus et autres histoires scabreuses existaient avant nous.
Noko tongo etani
Voilà une situation qui devrait interpeller plus d’un. C’est vrai que les charges obligent bien de gens à se décarcasser pour nouer les deux bouts du mois. Quelle débauche d’énergie!
Il est régretable de lire que ZEUS un universitaire n’a rien compris dans la vie. Ne dit on pas que la vie est un choix.
Faut-il encore apprendre à quelqu’un qui est en 2ème année graduat qu’on se fixe les objectifs avec un timing bien déterminer.
ZEUS devrait d’abord pousser ses études un peu plus loin avant de songer à avoir deux femmes tout en sachant que ces dernières souhaitériont de plein droit à avoir des enfants qui pesèront aussi sur ses épaules.
Et maintenant à la place de réquisitionner son jeune frère qui a aussi sa vie, en ce qui me concerne, il doit exiger à ses deux femmes si elles ne font rien, de l’accompagner pour vendre ses marchandises et petit à petit les initiées à ce commerce. Ainsi il embrassera ses études sans beaucoup de difficultés.
C’est sans rancune.
1) On continue à confondre les choses, à mêler des sentiments ou des préjugés moraux ou religieux à la réalité juridique. Ce qu’on appelle le droit « positif » est tout simplement la partie écrite du droit en vigueur dans un pays. En RDC, comme on l’a vu ci-haut, la Constitution reconnaît expressément et par écrit qu’il y a un domaine traditionnel, coutumier, non-écrit mais formalisé qui existe parallèlement à ce droit dit « positif ». Les pratiques de ce droit coutumier sont reconnues comme légitimes par le droit congolais. La Constitution est d’ailleurs prudente sur les dispositions sur le mariage puisqu’elle stipule en son Article 40 que « La loi fixe les règles sur le mariage et l’organisation de la famille ». Or par loi, ici, on renvoie au code des lois congolaises qui reconnaît le droit coutumier. On boucle ainsi la boucle de ce raisonnement circulaire.
2) On peut tout aussi bien arguer que ce droit coutumier s’est « positivé », puisqu’il y a des textes écrits qui traitent de ce droit : du « Traité élémentaire de droit coutumier du Congo Belge » d’Antoine Sohier (1949) au « Pouvoir et droits coutumiers à l’épreuve du temps » d’Evariste Boshab (2007).
3) Dans certains droits coutumiers congolais, on ne cherche même pas à devenir polygame car la polygamie s’impose à soi : comme l’obligation de prendre en mariage les épouses d’un frère aîné mort.
4) Même si le droit « positif » décidait de réprimer la polygamie, les forces répressives congolaises n’auraient pas les moyens d’application de cette loi puisque la pratique est répandue. Même dans les pays policés à l’extrême comme les USA, certaines communautés chrétiennes polygames fleurissent et perdurent sans être inquiétées par la loi — sauf dans des cas d’abus des personnes mineures.
5) On veut finalement établir une fausse corrélation entre la polygamie et la condition socioéconomique d’une personne. On peut retirer à Zeus ses deux épouses, mais sa condition socioéconomique ne s’améliorera pas pour autant. Par contre, il y a beaucoup de Congolais polygames qui prospèrent et qui opèrent dans le secteur de l’entreprenariat privé.
Cette discussion oiseuse aux prétentions académique sur le caractère licite ou illicite de la polygamie nous fait perdre de vue un aspect important du récit de Zeus inscrit en abyme dans le grand récit du Petit Boyomais. Considérons donc tour à tour ces 2 récits.
Relisez le récit de Zeus et vous verrez qu’il dit qu’il a « deux femmes ». Simplement. Sans nous dire ce que font ces femmes pendant que lui et son « jeune frère » déploient toute cette opération d’achat et de vente des poissons. On peut donc supposer qu’elles se rongent les ongles au foyer.
Considérez maintenant le grand récit du Petit Boyomais. Même son de cloche. Les verbes qui se rapportent aux femmes les décrivent comme des êtres passifs qui attendent que les hommes puissent trouver des « moyens » pour les « entretenir », les « prendre en charge », bref, elles ne sont que des grandes « bouches à nourrir » (avec leurs enfants).
Dans ces deux récits, la femme ne s’élève donc pas au niveau d’agent sociologique ; elle est tout au plus une sorte de mollusque tétanisé par la paresse.
Cette description de la femme est soit inauthentique ou l’exception qui confirme la règle tirée de toutes les enquêtes sociologiques effectuées en RDC depuis la colonisation jusqu’à la période actuelle.
La plus récente enquête en profondeur sur cette question est celle du FMI qui date de septembre 2007 et qui n’est toujours pas traduite en français. Elle s’intitule « Democratic Republic of Congo : Poverty Reduction Strategy Paper » (Document sur la Stratégie de la Réduction de la Pauvreté) et vise entre autres objectifs le diagnostic de la pauvreté. Etude fouillée de 126 pages avec des enquêtes statistiques effectuées dans les 11 provinces suivantes : 1) Kinshasa ; 2) Bas-Congo ; 3) Bandundu ; 4) Equateur ; 5) Province Orientale ; 6) Nord-Kivu ; 7) Maniema ;
Sud-Kivu ; 9) Katanga ; 10) Kasaï Oriental ; et 11) Kasaï Occidental.
Voici quelques conclusions de cette enquête sociologique qui établit clairement les faits suivants :
a) Les femmes congolaises travaillent plus que les hommes ;
b) La « gravité, la sévérité, le facteur causatif, le risque de la pauvreté sont un peu plus favorables dans les cas [des ménages] dirigés par les hommes. En d’autres mots, la pauvreté est plus homogène dans les ménages dirigés par les hommes que dans ceux dirigés par les femmes » ;
c) La seule présence d’un homme dans un foyer risque de plonger ce foyer dans la pauvreté ;
et d’autres statistiques faisant de l’homme congolais un facteur causatif de pauvreté pour les foyers et les femmes s’empilent dans ce document qui se lit comme un réquisitoire du genre masculin en RDC.
La conclusion est donc claire après la lecture de ces deux récits du billet du Petit Boyomais : de deux choses l’une, ou l’on croit ce que nous disent les études sociologiques et l’on rejette de ce fait le récit de Zeus comme une élucubration invraisemblable pour impressionner notre frère bloggeur de Boyoma; ou l’on croit le récit de Zeus et l’on considère la montagne des preuves statistiques accumulées dans ce rapport comme un mensonge généralisé des enquêteurs et des enquêtés répandus sur toute l’étendue de la république. Le choix me paraît clair.
(Voici le lien au diagnostic du FMI : http://www.imf.org/external/pu.....07330.pdf).
La cité universitaire de Lemba était vouée aux couples mariés. Même à Louvain beaucoup d’étudiants congolais avaient pris épouses. Il est à noter qu’ils avaient des bourses confortables que les étudiant d’aujourd’hui à l’instar de Zeus n’ont pas la chance d’avoir. Le mariage est le moyen le plus sûr pour faire des études de mauvaise qualité. Les étudiants mariés comme Zeus qui réussissent méritent une mention spéciale. Il faut seulement comptabiliser les heures consacrées à rechercher l’argent ou la pitance pour se rendre compte que les journée ne font que vingt-quatre heures et qu’il n’en reste que très peu à consacrer aux études. Il faut donc faire des choix. Je ne crois pas que ses deux épouses avec leurs cinq enfants n’attendent que Zeus pour manger. Celà ne réssemble pas à l’image de la société congolaise dans ses traditions. Les femmes ont toujours travaillé. Je suis convaincu que ces femmes font un petit commerce. Je suis peut être trop optimiste,elles auraient pu se sacrifier pour que Zeus finissent ses études.
Sans vouloir m’attaquer à qui que ce soit, je trouve que porter un jugement sur Zeus sur une quelconque incompatibilité entre son choix de faire des études et d’avoir une famille, polygamique qu’elle soit, est tout à fait déplacé; d’autant plus que personne ne sait quelles sont les raisons qui lui ont poussé à faire des études universitaires et que personne de ceux qui le critiquent n’ont été appelées à contribuer soit aux frais de ses études ou soit à la prise en charge de sa famille. Personne ne peut confirmer si Zeus était étudiant d’abord puis polygame avec 5 enfants ou bien le contraire.
Ne vous est-il pas passé à l’esprit qu’il se pourrait que Zeus ait décidé de repartir aux études pour avoir la chance d’améliorer ses conditions de vie à travers une meilleur éducation qui pourra le permettre de quitter son métier de vendeur de poisson et entrer dans une meilleure catégorie socio-professionnelle, et par conséquent, bien jouer son rôle de père aux deux « koras ».
Combien d’entre-nous, ne ses sont pas retrouvés à faire des études alors que nous avions des charges familiales. Vous me direz pourquoi alors deux femmes et 5 enfants, je vous dirais qu’il n’y a pas de différence entre sa composition familiale et une famille monogamique avec 6 enfants car au total c’est quand même 8 bouches à nourrir.
Ce n’est pas pour autant que je vais inciter certains à faire de la polygamie que je suppose doit être un casse-tête, mais ne soyons pas toujours les premiers à porter des jugements sur les autres sans avoir tous les contours de la chose.
Cher Boyomais,
J’ai toujours été fasciné par les photos des pecheurs wagenia, leur technique ainsi que la maniere dont ils bravent les vagues pour faire la peche. Si c’est pas trop te demander: peux-tu nous faire un petit reportage la-dessus accompane’ bien enetendu d’image(s). Les femmes font-elles aussi la peche comme les hommes? Ou bien est-ce un metier strictement pour les hommes?
D’avance merci.
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