Kisangani: Un bureau administratif pas comme les autres !

A quelques cinquante mètres du stade Lumumba dans la ville de Kisangani, s’est implanté, sous l’ombre d’un manguier, le bureau administratif du quartier du stade de la commune Tshopo. Ce bureau sans porte ni fenêtre, bref sans bâtiment, est bel et bien celui de l’Etat et le lieu de travail d’une autorité : le chef de quartier qui sert de pont entre les habitants de son quartier et le Bourgmestre de la commune. Retour aux pratiques ancestrales, les conflits de voisinage et autres dossiers sont traités à l’ancienne, sous un arbre.
Une pancarte placée sous le manguier indique qu’il s’agit bien d’un bureau administratif. En cherchant à m’entretenir avec les agents trouvés sur place sur l’état et le fonctionnement de ce bureau, c’est une fin de non recevoir qui m’accueille. « Allez poser des questions au bourgmestre. Notre installation en ce lieu est une mesure salutaire. Fallait-il que nous restions chez nous parce que le bureau n’a plus de bâtiment ? Qui allait nous payer ?», me lancent-ils.
Bien que j’entende souvent parler de la restauration de l’autorité de l’état dans les discours, je suis surpris de voir que dans la troisième ville de la République Démocratique du Congo, pays souvent qualifié de scandale géologique, l’Etat n’est pas capable de bien installer ses agents.
A l’heure où nous cheminons vers la décentralisation, j’espère que des mesures seront prises pour éviter que certaines des entités décentralisées se retrouvent sans infrastructures, à l’image de ce bureau administratif à Kisangani.









Boyomais,c’est une belle photo mais l’histoire fait trop rire.
J’ai l’impression que le morceau de triplex, a été déposé, pour le besoin de la prise de photo parceque les habitants ne sont même pas là. la maison inachévée à côté, si elle n’appartient pas à un privé que les fonctionnaires amenagent à l’intérieur, elle pourrait faire un joli bureau du quartier.
Très belle photo du cul-de-sac auquel mène une décentralisation mal digérée. La décentralisation, au Congo, signifie prolifération d’une bureaucratie déjà pléthorique. A quoi peut bien servir un bureau de quartier, sinon pour entretenir une classe de parasites ? Pourquoi cette multiplication d’intermédiaires entre la commune et ses résidents ? Sous Mobutu, les bureaux de quartier faisaient partie d’un réseau de surveillance et d’embrigadement de la population. On n’en a que faire sous un régime démocratique… Au lieu de dix provinces, on en crée vingt-trois (si mon compte est exact), des « provincettes » que Mobutu avait, à juste raison, supprimées. Et chaque province aura son gouvernement provincial et sa grande foule compacte de députés provinciaux avec des salaires injustifiables pour un pays pauvre. Cette décentralisation est plus qu’une folie furieuse, c’est un suicide fiscal… Ceux qui ont rédigé ces articles de décentralisation étaient des bandits de haut vol non-élus de la Transition provenant tous des groupes armés qui rançonnaient les provinces sous leur contrôle, et avaient ainsi un mobile clair : continuer à voler l’Etat congolais loin des yeux de Kinshasa. Cette décentralisation et ses vautours garantissent que le Congo ne sortira jamais de l’ornière du sous-développement.
Mon cher Alex Engwete tu as raison. Mais à l’allure où vont les choses ces voleurs seront pris par leur propre piège. Pour le moment nous devons sécouer la population en leur montrant la voie càd plus question de tout attendre de kinshasa, celui qui ne fera pas son boulot la population va s’en charger.
Nous commencerons par la proclamation des meilleurs dirigéants(chaque année) des provinces avec preuve à l’appui et non des coups médiatiques. Des discours nous avons suffisamment eu à l’époque du MPR. Ici sera érigé… depos de première pierre pour ne plus voir ceux qui ont déposer la pierre pendant des siècle.
Très belle photo, petit Boyomais, kisangani singa mwambééééé, nous kinois adorons Kisangani, Alex et Simon, pourront me dire, les histoires quand j’étais gosse, j’ai 47 ans, bientôt 48, les grands du quartier qui avaient la possibilité de voyager à kisangani, nous raconter des anecdotes sur les charmes des filles, les moeurs légères, le LITOUMA (banane plantain pillée), les filles obéissantes, aimantes, nos vieux du quartier, nous disaient »petits soki okomi na kisangani moyen okufa eza tséééé, ba nzélés ba telemi na port na maputa, heure bino bozobima na bateau nzélé na nzélé azobuaka liputa na bana mibali oyo bazokita na bateau ABALA ABAL TSEEE aye na kisangani » traduction:
»Petit quand on accoste à kisangani, les filles nous entendent sur les berges du port, nous balançant les pagnes, en choisissant les hommes qui débarquent mariés ou pas, c’est pareil, les vieux racontaaient avec la larme à l’oeil et le trémolo dans la voix
Voir les fonctionnaires siègeaient sous un manguier me fait mal.
Prof. tongo etani
Cet article de Boyomais est une véritable sonnette d’alarme à l’endroit de tous les prêcheurs de la décentralisation à tout prix. Lorsque dans une ville comme Kisangani, l’Etat congolais démontre son incapacité à installer ses agents, qu’adviendra-t-il des districts qui se transformeront sous peu en Provinces ? Auront-ils des infrastructures pour l’installation de leur Gouvernorat, assemblée provinciale, conseil urbain, conseil municipal et j’en passe ?
Je suis à la fois scandalisé et choqué par cette photo qui dévoile le sous-développement de mon pays, un pays pourtant potentiellement riche. La dure réalité qui se présente à nous, Congolais, doit nous pousser à mettre de côté nos intérêts personnels pour privilégier l’intérêt général. Ce faisant, le Congo pourra espérer sortir de ce trou noir et profond où ses dirigeants le placent chaque jour.
La décentralisation, dans ces conditions, doit être, à mon avis, si pas annulée, mais du moins repoussée vers les années 2050. N’est-ce pas ?
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