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Les femmes à mille bras

8 juillet 2009 par Joy, Leki ya Bukavu Lu 2 049 fois 5 commentaires Envoyer par E-mail

Une femme travailleuse « à mille bras » à Bukavu

Dans la province du Sud Kivu comme dans plusieurs coins de la RDC la femme porte sur elle tout le poids de sa famille. La situation sociopolitique difficile a plongé  les fonctionnaires et agents de l’Etat dans une misère terrible. Face aux difficultés du quotidien et à la démission manifeste de l’Etat, la femme congolaise prend la relève et fait vivre le foyer. Elle cumule désormais son rôle de procréatrice, ménagère et débrouillarde.

Femme à mille bras ou à mille rôles c’est le nom qui convient. Le portrait de Safi Nabintu reflète cette triste réalité. Elle a 35 ans. Mère de sept enfants, Safi se réveille chaque jour à cinq heures du matin pour aller acheter sa marchandise à cinq kilomètres de la ville de Bukavu. Bananes, carottes, et feuilles de manioc dits sombé en kiswahili sont ses spécialités.

La tâche ne lui est pas facile d’autant plus qu’elle a un bébé ? « C’est trop pénible quand le nourrisson ne se nourrit que du lait maternel. Je ne peux pas le laisser à la maison. Je dois la trainer partout », explique-t-elle. En plus de sa marchandise déjà pesante, elle porte son bébé qui la suivra toute la journée.

Le mari de Safi est un agent de la division de l’intérieur qui ne touche pas son salaire depuis une décennie.  Il reçoit de temps en temps une prime de 21.650 francs congolais (environ 25 dollars américains). Bien que ne suffisant déjà pas à subvenir aux besoins de sa famille, cet argent ne tombe que de manière sporadique.

Ici, les hommes sont appelés « Zuk’olye », ce qui veut dire en langue locale Shi : « réveille toi et viens manger ». « Ils sont devenus des bons à rien qui dépendent totalement de leurs femmes quel que soit le moyen par lequel ces dernières trouvent de l’argent. »

Quant à l’avenir, Safi espère que les choses s’amélioreront un jour. « J’espère qu’un jour ce pays marchera. Mais tout dépend de la volonté des autorités et de tous les congolais. Si nous abandonnons la corruption et l’égoïsme, les choses peuvent aller mieux. »

Trêve de bavardage ! Le temps est précieux pour cette travailleuse acharnée, qui, après m’avoir accordé quelques minutes, rattache son bébé au coup. Je l’aide à remettre son sac au dos et la voilà qui se presse au marché.

5 commentaires »

  • bonobette dit :

    Très belle photo !!

  • Rosebell Kagumire dit :

    Hey Cedric,

    I love this post. It captures the daily life of women in Congo and so many other countries in the world. It’s a long way to go to get the burden off women.

  • Job dit :

    J’ai du mal à faire un commentaire. Cette situation est inadmissible. Il y a des pauvres partout, c’est vrai, même dans les pays du premier monde. Mais, lorsque c’est 80% de la population qui vit dans la misère dans un pays qui peut nourrir 1 milliards de personnes, il y a de quoi perdre la raison. Il faut une révolution mentale, sociale, politique en RDC. Assez, il faut que ça change

  • Fab5 dit :

    The man is waiting at home, Zuk’Olye, sometimes beat up the poor woman if she did not cook something he likes to eat. The policeman is waiting at the market to collect « taxes » from the poor woman.

    But the woman is very strong; she knows that she is doing this for her seven children whom she hopes some day will become somebodies and leave this place.

  • rui dit :

    Merde pour les hommes
    c’est toujours les enfants les femmes et les vieux qui payent la facture

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