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Les méfaits de la guerre pèsent aussi sur l’avenir des enfants

4 décembre 2009 par Joy, Leki ya Bukavu Lu 1 186 fois 3 commentaires Envoyer par E-mail

Une école en plein air à Mwenga, dans le Sud-Kivu

Là où deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit, disent les anciens. Derrière les femmes victimes des viols et violences sexuelles, ce sont les enfants qui paient les frais de la guerre que connaît la partie est de la république démocratique du Congo.

Ecoles détruites, enseignants impayés depuis des décennies, voilà ce à quoi les enfants, avenir du pays font face dans le territoire de Mwenga, situé à près de deux cents kilomètres de la ville de Bukavu. Ici et dans d’autres villages environnants, des enseignants pour la plupart bénévoles assurent le minimum.

Quelques poutres en bois, un toit en paille, quelques bancs en bambou et un tableau noir suffisent pour improviser une salle de classe. Les moins chanceux suivent les enseignements à même le sol. La moindre intempérie sonne la fin des cours. Ici, l’uniforme n’est pas une exigence. Chacun vient comme il veut pourvu que la science soit transmise.

En guise de motivation pour les enseignants, les parents renouent avec le troc. « Nous donnons aux enseignants des produits de nos champs ou du bétail comme prime. Moi je donne chaque mois pour mes deux enfants, quatre mesures de haricots et un régime de banane », confie Musombwa, un cultivateur qui a deux enfants à l’école primaire.

Pour financer les études de ses enfants, Mukambilwa qui est creuseur artisanal d’or dans la cité de Kamituga paie en Mushale (un petit bout d’or de la taille d’une tige d’allumette). Le Mushale d’or se vend à cinq ou dix dollars américains.

Les autorités de la région visitent régulièrement ce territoire mais elles ne semblent pas se préoccuper de la situation difficile. Ils sont sans doute trop occupés à veiller sur les carrés miniers privés qu’ils possèdent dans le coin. A chaque passage, la population est arrosée de nouvelles promesses qui attendront dans doute longtemps avant de se concrétiser.

En quittant la région, les radios locales annonçaient que l’ONG néerlandaise Cordaid allait reconstruire les écoles. Un autre exemple qui illustre l’inexistence d’un Etat, dont le rôle est récupéré par des ONG étrangères. Un paradoxe dans une zone riche en minerais.

3 commentaires »

  • huguette dit :

    quelle tristesse – je crois que chez nous en Belgique, les enfants ne se rendent pas compte du bonheur qu’ils ont de pouvoir aller à l’école dans des conditions normales – s’ils pouvaient ne fut-ce qu’un jour vivre ce que vivent les petits Congolais…. je souhaite qu’on arrive dans un avenir proche à pouvoir leur octroyer des conditions décentes pour leurs études

  • Emery dit :

    Et comme si cela ne suffisait pas, à l’Ouest la population se déplace et les enfants abandonnent les salles de classe pour la brousse et le camp.
    Et comme à l’Est, la récupération politicienne risque de transformer la situation en rébellion. Que Dieu garde nos frères de l’Ouest de cette situation qui continue de pousser les gens dans la brousse.

  • Ishango dit :

    Il ne faut plonger dans des classifications divisionistes de Louis-Michel sur l’est et l’ouest. Le Kivu n’incarne pas lui tous seul l’est du Congo. Kalemie est sur la meme ligne que Bukavu et Goma mais je ne pense pas qu’ils(les habitants de kalemie) ont exactement le meme probleme que nos freres de buakvu et goma. La situation actuelle dans dongo et territoires envirronnantes ne pas le mirroir de tous l’ouest du Congo…

    http://editions-sources-du-nil.....14899.html

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