Grâce présidentielle pour les six membres de l’arche de Zoé

Arche de Zoé

Incroyable ! La mise en liberté des six membres de l’arche de Zoé pourrait intervenir rapidement. Ceux-là même qui ont été condamnés pour «tentative d’enlèvement d’enfants» vont recouvrer la liberté, graciés, « pardonnés » selon ses propres termes par le président Tchadien Idriss Déby. Sans doute une façon pour ce dernier de remercier la France de l’avoir maintenu au pouvoir avec son soutien militaire lors de l’attaque rebelle qui a failli le renverser les 2 et 3 février.

Impunité totale pour ces gens qui ont tenté d’exfiltrer plus d’une centaine d’enfants, de les arracher à leurs familles, à leur milieu naturel pour les amener en terre inconnue.

Libérer ces individus, n’est-ce pas là une façon d’encourager ce genre de pratiques ? Que se serait-il passé s’il s’agissait de citoyens africains qui auraient essayé d’enlever pour les emmener en Afrique des enfants français ?

Surprenant que cette grâce accordée aux citoyens français ne s’étende pas sur le sujet soudanais qui a servi d’intermédiaire dans la région tchadienne d’Adré.

Il apparaît maintenant clairement que ces « sauveurs d’enfants », ceux qui se sont fixés pour objectif de sauver les pauvres petits africains en les enlevant à leurs familles pour leur offrir une entrée dans le paradis européen peuvent œuvrer en toute impunité.

Quelle attitude doivent adopter les africains face à cette réalité ?

Suffit-il de donner un peu d’argent à titre de dommages et intérêts pour faire oublier cette histoire ?

Que vive la françafrique !

L’africain civilisé

Le maréchal Mobutu et son épouse

Deux semaines se sont écoulées. Je suis en visite en France et en Europe pour la troisième fois mais je suis encore surpris par un certain nombre de choses que je vois. Le congolais, l’africain que je suis reste souvent sans voix face à l’âge et à la grandeur majestueuse de certaines œuvres architecturales. Qui a pensé à construire ça ? D’où est venue l’idée de lancer une telle construction ? Comment les bâtisseurs ont-ils fait et combien ont-ils pris de temps pour réaliser ça ? Nombreuses sont les interrogations qui défilent dans ma tête.

Place de la Bastille. J’aime bien traîner là quand je suis de passage à Paris. M’asseoir sur les marches de l’opéra pour bouquiner ou tout simplement observer les passants. J’essaie de deviner l’origine du couple en face de moi et qui photographie la colonne de juillet. Ils ont les yeux bridés ! Chinois ? Japonais ? Thaïlandais ? Difficile de trouver mais cela ne m’empêche pas d’apprécier ce mélange de couleurs autour de cet ouvrage historique.

Ce lieu symbolique de la Révolution française a une histoire. Je suis curieux et je veux en savoir plus. Mes recherches me révèlent que la bastille n’a pas toujours eu le même visage. Elle fut à plusieurs reprises modifiée. J’apprends qu’il y a eu là une prison, plus tard prise d’assaut et démolie par la population de saint Antoine entre le 14 juillet 1789 et le 14 juillet 1790. On parle alors d’embastillés pour désigner les pensionnaires de cette prison au statut très particulier. Les embastillés étaient des personnes appartenant à la haute classe de la société, souvent les nobles, des grands seigneurs. De très célèbres auteurs à scandale y ont été incarcérés, tel que les philosophes des Lumières Louis Diderot ou encore Voltaire pour leurs écrits contre le roi et le pouvoir monarchique.

Face à tous ces édifices majestueux, je suis partagé entre admiration et jalousie. Tous ces monuments français sont vieux, très vieux. Ils sont conservés et entretenus depuis des siècles. Je peux les voir aujourd’hui et des milliers de personnes provenant des quatre coins du globe font le déplacement pour les voir.

Que se passait-il chez moi au Congo entre 1789 et 1790 ? Comment vivaient les gens ? Comment la société était-elle organisée ? Je m’interroge, mais difficile de trouver des réponses et je crains de ne jamais pouvoir en trouver.

Mes « sauvages » d’ancêtres ont oublié de nous transmettre leur savoir, ils n’ont pas jugé nécessaire de nous raconter leur passé sans doute parce qu’ils étaient eux-mêmes occupés à apprendre ce que le « gentil et évolué » colon Belge avait à leur enseigner.

Même si Jomo Kenyatta dit : « Lorsque les Blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés : lorsque nous les avons ouverts, les Blancs avaient la terre et nous la Bible. », je ne devrais peut-être pas avoir de regret ou de peine et plutôt m’estimer heureux d’être un homme « civilisé ». C’est sans doute bien plus drôle de savoir compter les dollars et les euros, de préférer le jeans au costume en raphia et de rêver d’avoir une belle villa plutôt qu’une pauvre case…

Clichés et préjugés basés sur la couleur de la peau

Vous travaillez ici monsieur ? La question m’a été posée ce matin par la gardienne de l’immeuble du 15ème arrondissement de Paris dans lequel je squatte depuis quelques jours. Sur le coup je n’ai pas compris pourquoi la dame me posait cette question et je lui ai simplement répondu que je squattais l’appartement de quelqu’un que je connaissais. C’est en réfléchissant et en cherchant à comprendre que j’ai réalisé qu’étant de race noire, trainer dans ce quartier plutôt bourgeois paraissait bizarre. Deux assertions possibles : soit j’étais un cambrioleur, soit nettoyeur ou encore plongeur.

Ce genre de réalités, mes compatriotes congolais et tous ces jeunes africains qui n’ont qu’un rêve, celui de rejoindre l’Europe l’ignorent sans doute. Je me demande finalement qu’est ce qui est mieux entre la vie dans son enfer africain et tous ces regards et jugements pas toujours positifs au paradis.

Participation à la prochaine édition de l’atelier des medias sur RFI

l'atelier des médias RFI

Je participe pour la deuxième fois à l’atelier des médias que présente Philippe Couve sur RFI. La première fois c’était au lendemain de la publication des résultats du concours Best of the blogs organisé par la Deutsche Welle. Je venais alors de recevoir le prix de meilleur Blog francophone.

Pour cette deuxième participation, il sera question de la formation des jeunes journalistes en Afrique. Nous allons voir avec les autres invités et les autres membres de l’atelier des médias si Internet et les nouvelles technologies offrent des possibilités nouvelles sur le continent Africain.

Je ne serais pas tout seul, il y aura aussi comme invité Stéphane Siohan du département formation internationale du CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes à Paris).

Pour participer à l’émission ou tout simplement poser des questions, il suffit de vous rendre sur le site de l’atelier des medias (http://atelier.rfi.fr).


Kinshasa se sape le temps du sommet de la CEEAC

Kinshasa : Travaux de réfection des routes

Je me posais des questions en voyant il y a quelques semaines que des travaux de bouchage de nids-de-poule étaient entrepris à certains coins de la ville. J’ai cru à un moment que c’était les fameux 5 chantiers tant attendus qui débutaient mais désillusion lorsque j’ai appris qu’un sommet des Chefs d’États de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale devait se tenir à Kinshasa.

Un sommet consacré à la crise tchadienne se tenant en RDC alors que nous avons du mal à résoudre nos propres problèmes.

Travaux rapides et bâclés comme d’habitude histoire d’habiller la ville le temps du sommet. Le boulevard Lumumba qui part de l’aéroport vers le centre-ville, boulevard du 30 juin et quelques artères de la commune de la Gombe, les travaux n’ont visiblement touché que des routes susceptibles d’être empruntées par nos hôtes.

Il devrait peut être se tenir un peu plus souvent des sommets comme celui-ci pour voir les routes refaites.

Congolais ou zaïrois ?

Carte zaïroise d'identité pour citoyen

Onze ans depuis qu’est née la république démocratique du Congo après la mort du Zaïre, occasionnée par le départ du maréchal et ses courtisans.

Le nom du pays a changé, ses habitants se font appeler congolais et il y a un nouveau drapeau. Bizarrement il n’y a jamais eu de carte d’identité congolaise. Ça me fait toujours bizarre quand je vois les gens exhiber fièrement leur « carte verte » que je n’ai pas eu la chance d’avoir parce que j’avais moins de 18 ans lorsque les Kadogos sont entrés à Kinshasa.

Les 5 chantiers face aux troubles en république démocratique du Congo

Caricature 5 chantiers

Si je n’aime pas trop lire les journaux congolais à l’exception d’un seul que je ne vais pas citer pour éviter de m’attirer la foudre des autres, j’aime bien les caricatures qui résument assez bien, mieux que certains articles une situation donnée ou la température même du pays.

Troubles dans la province du Bas Congo avec le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, volée en éclats des accords signés lors de la conférence de Goma avec le désengagement du CNDP de Laurent Nkunda, Milices et groupes armés de l’Ituri et 5 chantiers, tout apparaît sur un seul dessin.

On voit bien notre cher premier ministre que les Kinois aiment bien appeler « Yandi ve » lancer : « muke banga ve, yayi kele ebende » traduisez : « je n’ai pas peur, c’est solide ».

Reste à voir si l’exécution des 5 chantiers que tous les congolais attendent tiendra face à toutes ces turbulences que connaît le pays.

Un nouveau chantier dans la liste !

érosions Binza Ozone

Kinshasa, commune de Ngaliema, Binza Ozone, quartier Manenga. Les grosses pluies des derniers jours ont causé des dégâts considérables. Plus d’une vingtaine d’habitations se sont retrouvées englouties par une énorme érosion qui ne s’arrête pas de croître et gagner du terrain tous les jours.

Par chance, aucune perte humaine à déplorer jusque là. Les habitants de ce coin sont obligés de veiller lorsqu’il pleut pour ne pas se faire surprendre. Ils sortent de leurs habitations et assistent impuissants au spectacle, regardant comment la nature bouffe leurs demeures. N’allez surtout pas dire à ceux-là que la pluie est une bénédiction !

« Nous avons alerté les autorités tout au début quand cette érosion était encore toute petite, mais rien n’a été fait », m’a confié un des habitants du quartier, désormais SDF. Les multiples appels au secours de cette population ne semblent pas atteindre les oreilles de nos chers dirigeants. Peut-être attendent-ils qu’il y ait des morts pour réagir ?

Je me demandais il y a à peine quelques semaines sur base de quels critères sont sélectionnés les sites « chantiables » mais je me pose encore plus de questions quand je vois les infrastructures se détériorer à une vitesse vertigineuse dans tout le pays. Routes, canalisations, distribution de l’eau et de l’électricité, tout est en moule.

Pendant que la population attend toujours le début des travaux avec les cinq chantiers, les gouvernants semblent retenir leur respiration en attendant que les chinois débarquent avec leurs milliards. Je me demande s’ils tiendront longtemps et s’ils ne risquent pas de suffoquer.

Avec les cinq chantiers, chaque congolais attend de voir ses conditions de vie s’améliorer. Les milliards des chinois suffiront-ils pour résoudre les problèmes de toute la population congolaise ?

Affaire à suivre…

Album Photo de l’érosion

Oublié ou encore présent dans la mémoire des congolais ?

Laurent désiré Kabila

Accueilli en libérateur dans la capitale Kinshasa le 17 mai 1997, celui que les congolais appelaient affectueusement Mzee s’éteindra, assassiné moins de 4 ans après sa prise de pouvoir. Sept années se sont écoulées depuis sa disparition mais des panneaux à son effigie sont encore bien visibles dans certains coins du pays et font partie du décor.

Si certains congolais voient en lui un héros, d’autres le tiennent pour responsable de tout le désordre que connaît actuellement le Congo. Il est reproché à l’homme qui a combattu et chassé du pouvoir le dictateur, le tout puissant et redoutable Mobutu d’avoir pactisé pendant sa lutte armée avec certains pays voisins qui sont activement impliqués dans les conflits qui sévissent dans l’est de la république démocratique du Congo.

Laurent désiré Kabila est encore présent visuellement mais est-il aussi présent ou visible dans la mémoire des congolais ?

Interview avec Baloji, un sorcier noir au pays des blancs

Baloji, Hôtel Impala

Quelqu’un m’a parlé il y a quelques semaines de Baloji, un jeune rappeur d’origine congolaise vivant en Belgique. En effectuant une recherche sur Internet, j’ai pu écouter des extraits de ses morceaux, visualiser un de ses clips et j’ai tout de suite accroché.

J’ai bien aimé écouter ce jeune d’origine congolaise à la verve franche, qui regarde les choses en face, sans essayer de détourner son regard de la réalité même si elle n’est pas toujours propre.

J’ai croisé par hasard Baloji à Kinshasa et je dois avouer que rencontrer, discuter longuement avec ce jeune me redonne un brin d’espoir. Réconfortant de voir qu’il y a quand même des jeunes congolais qui ne se conforment pas à cette tradition qu’est la sape, le paraître avant d’être.


Le site Web de Baloji
Le Blog de Baloji
Le clip « tout ceci ne nous rendra pas le Congo »