Clichés et préjugés basés sur la couleur de la peau

Vous travaillez ici monsieur ? La question m’a été posée ce matin par la gardienne de l’immeuble du 15ème arrondissement de Paris dans lequel je squatte depuis quelques jours. Sur le coup je n’ai pas compris pourquoi la dame me posait cette question et je lui ai simplement répondu que je squattais l’appartement de quelqu’un que je connaissais. C’est en réfléchissant et en cherchant à comprendre que j’ai réalisé qu’étant de race noire, trainer dans ce quartier plutôt bourgeois paraissait bizarre. Deux assertions possibles : soit j’étais un cambrioleur, soit nettoyeur ou encore plongeur.

Ce genre de réalités, mes compatriotes congolais et tous ces jeunes africains qui n’ont qu’un rêve, celui de rejoindre l’Europe l’ignorent sans doute. Je me demande finalement qu’est ce qui est mieux entre la vie dans son enfer africain et tous ces regards et jugements pas toujours positifs au paradis.

Participation à la prochaine édition de l’atelier des medias sur RFI

l'atelier des médias RFI

Je participe pour la deuxième fois à l’atelier des médias que présente Philippe Couve sur RFI. La première fois c’était au lendemain de la publication des résultats du concours Best of the blogs organisé par la Deutsche Welle. Je venais alors de recevoir le prix de meilleur Blog francophone.

Pour cette deuxième participation, il sera question de la formation des jeunes journalistes en Afrique. Nous allons voir avec les autres invités et les autres membres de l’atelier des médias si Internet et les nouvelles technologies offrent des possibilités nouvelles sur le continent Africain.

Je ne serais pas tout seul, il y aura aussi comme invité Stéphane Siohan du département formation internationale du CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes à Paris).

Pour participer à l’émission ou tout simplement poser des questions, il suffit de vous rendre sur le site de l’atelier des medias (http://atelier.rfi.fr).


Kinshasa se sape le temps du sommet de la CEEAC

Kinshasa : Travaux de réfection des routes

Je me posais des questions en voyant il y a quelques semaines que des travaux de bouchage de nids-de-poule étaient entrepris à certains coins de la ville. J’ai cru à un moment que c’était les fameux 5 chantiers tant attendus qui débutaient mais désillusion lorsque j’ai appris qu’un sommet des Chefs d’États de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale devait se tenir à Kinshasa.

Un sommet consacré à la crise tchadienne se tenant en RDC alors que nous avons du mal à résoudre nos propres problèmes.

Travaux rapides et bâclés comme d’habitude histoire d’habiller la ville le temps du sommet. Le boulevard Lumumba qui part de l’aéroport vers le centre-ville, boulevard du 30 juin et quelques artères de la commune de la Gombe, les travaux n’ont visiblement touché que des routes susceptibles d’être empruntées par nos hôtes.

Il devrait peut être se tenir un peu plus souvent des sommets comme celui-ci pour voir les routes refaites.

Congolais ou zaïrois ?

Carte zaïroise d'identité pour citoyen

Onze ans depuis qu’est née la république démocratique du Congo après la mort du Zaïre, occasionnée par le départ du maréchal et ses courtisans.

Le nom du pays a changé, ses habitants se font appeler congolais et il y a un nouveau drapeau. Bizarrement il n’y a jamais eu de carte d’identité congolaise. Ça me fait toujours bizarre quand je vois les gens exhiber fièrement leur « carte verte » que je n’ai pas eu la chance d’avoir parce que j’avais moins de 18 ans lorsque les Kadogos sont entrés à Kinshasa.

Les 5 chantiers face aux troubles en république démocratique du Congo

Caricature 5 chantiers

Si je n’aime pas trop lire les journaux congolais à l’exception d’un seul que je ne vais pas citer pour éviter de m’attirer la foudre des autres, j’aime bien les caricatures qui résument assez bien, mieux que certains articles une situation donnée ou la température même du pays.

Troubles dans la province du Bas Congo avec le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, volée en éclats des accords signés lors de la conférence de Goma avec le désengagement du CNDP de Laurent Nkunda, Milices et groupes armés de l’Ituri et 5 chantiers, tout apparaît sur un seul dessin.

On voit bien notre cher premier ministre que les Kinois aiment bien appeler « Yandi ve » lancer : « muke banga ve, yayi kele ebende » traduisez : « je n’ai pas peur, c’est solide ».

Reste à voir si l’exécution des 5 chantiers que tous les congolais attendent tiendra face à toutes ces turbulences que connaît le pays.

Un nouveau chantier dans la liste !

érosions Binza Ozone

Kinshasa, commune de Ngaliema, Binza Ozone, quartier Manenga. Les grosses pluies des derniers jours ont causé des dégâts considérables. Plus d’une vingtaine d’habitations se sont retrouvées englouties par une énorme érosion qui ne s’arrête pas de croître et gagner du terrain tous les jours.

Par chance, aucune perte humaine à déplorer jusque là. Les habitants de ce coin sont obligés de veiller lorsqu’il pleut pour ne pas se faire surprendre. Ils sortent de leurs habitations et assistent impuissants au spectacle, regardant comment la nature bouffe leurs demeures. N’allez surtout pas dire à ceux-là que la pluie est une bénédiction !

« Nous avons alerté les autorités tout au début quand cette érosion était encore toute petite, mais rien n’a été fait », m’a confié un des habitants du quartier, désormais SDF. Les multiples appels au secours de cette population ne semblent pas atteindre les oreilles de nos chers dirigeants. Peut-être attendent-ils qu’il y ait des morts pour réagir ?

Je me demandais il y a à peine quelques semaines sur base de quels critères sont sélectionnés les sites « chantiables » mais je me pose encore plus de questions quand je vois les infrastructures se détériorer à une vitesse vertigineuse dans tout le pays. Routes, canalisations, distribution de l’eau et de l’électricité, tout est en moule.

Pendant que la population attend toujours le début des travaux avec les cinq chantiers, les gouvernants semblent retenir leur respiration en attendant que les chinois débarquent avec leurs milliards. Je me demande s’ils tiendront longtemps et s’ils ne risquent pas de suffoquer.

Avec les cinq chantiers, chaque congolais attend de voir ses conditions de vie s’améliorer. Les milliards des chinois suffiront-ils pour résoudre les problèmes de toute la population congolaise ?

Affaire à suivre…

Album Photo de l’érosion

Oublié ou encore présent dans la mémoire des congolais ?

Laurent désiré Kabila

Accueilli en libérateur dans la capitale Kinshasa le 17 mai 1997, celui que les congolais appelaient affectueusement Mzee s’éteindra, assassiné moins de 4 ans après sa prise de pouvoir. Sept années se sont écoulées depuis sa disparition mais des panneaux à son effigie sont encore bien visibles dans certains coins du pays et font partie du décor.

Si certains congolais voient en lui un héros, d’autres le tiennent pour responsable de tout le désordre que connaît actuellement le Congo. Il est reproché à l’homme qui a combattu et chassé du pouvoir le dictateur, le tout puissant et redoutable Mobutu d’avoir pactisé pendant sa lutte armée avec certains pays voisins qui sont activement impliqués dans les conflits qui sévissent dans l’est de la république démocratique du Congo.

Laurent désiré Kabila est encore présent visuellement mais est-il aussi présent ou visible dans la mémoire des congolais ?

Interview avec Baloji, un sorcier noir au pays des blancs

Baloji, Hôtel Impala

Quelqu’un m’a parlé il y a quelques semaines de Baloji, un jeune rappeur d’origine congolaise vivant en Belgique. En effectuant une recherche sur Internet, j’ai pu écouter des extraits de ses morceaux, visualiser un de ses clips et j’ai tout de suite accroché.

J’ai bien aimé écouter ce jeune d’origine congolaise à la verve franche, qui regarde les choses en face, sans essayer de détourner son regard de la réalité même si elle n’est pas toujours propre.

J’ai croisé par hasard Baloji à Kinshasa et je dois avouer que rencontrer, discuter longuement avec ce jeune me redonne un brin d’espoir. Réconfortant de voir qu’il y a quand même des jeunes congolais qui ne se conforment pas à cette tradition qu’est la sape, le paraître avant d’être.


Le site Web de Baloji
Le Blog de Baloji
Le clip « tout ceci ne nous rendra pas le Congo »

Discussion avec un roulage

Pour la première fois de ma vie, j’ai failli frapper un policier. Il m’a tellement énervé que j’aurais pu l’étrangler. Ma journée avait pourtant bien démarré mais tout s’est gâté alors que j’étais en route pour répondre à un rendez-vous de travail très important. Par malheur, le taxi que j’avais emprunté est tombé entre les mains de roulages et le problème c’est qu’ils semblaient bien décidés non seulement à ruiner le conducteur mais aussi à me faire perdre mon temps et même me faire manquer mon rendez-vous.

« Vous avez créé une troisième bande, garez-vous sur le côté ». Le conducteur obtempère, descend ensuite du véhicule et s’éloigne avec les policiers. Les autres clients et moi-même savions très bien que comme d’habitude, ils se mettaient en retrait pour la discussion, les négociations pour établir le prix de « l’amende », le pot de vin, s’il faut appeler le chat par son nom.

Au bout de 20 minutes j’ai perdu patience et je me suis décidé à aller voir ce qui se passait. Un des policiers me voyant arriver m’a lancé : « ce n’est pas vos affaires, allez attendre dans la voiture ! ».

Là je me suis énervé et la situation a dégénéré

Extrait de la discussion :

Moi : Vous me faites perdre mon temps, j’ai un rendez-vous important, je risque d’être en retard…

Le policier : Allez attendre dans la voiture Monsieur !

Moi : Je n’irais pas attendre, j’ai assez perdu de temps comme ça, je suis un honnête congolais qui va travailler et je trouve ridicule qu’une poignée de policiers véreux me fassent perdre mon temps…

Le policier : Qui traitez-vous de policier véreux ? Vous savez que je peux vous arrêter pour outrage ?…

Moi : Outrage à quoi ? Outrage à corrompu ? Arrêtez-moi tout de suite si vous en avez le courage ou sinon relâchez ce conducteur pour qu’il emmène à destination les congolais honnêtes qui ont mieux à faire qu’essayer de rançonner les autres…

Le policier : Vous osez me parler comme ça parce que je suis en uniforme. Comme vous êtes sapé, vous n’oseriez pas me parler de la sorte si j’étais en civil…

Moi : Corrompu et sapeur en même temps ? On aura tout vu ! Je me demande comment le Congo se développera avec des gens de votre espèce…

Le policier : Arrêtez de me parler sans respect, je suis plus âgé que vous…

Moi : Vous pensez vraiment que vous méritez du respect quand vous avez pour occupation de tracasser bêtement les honnêtes gens ?…

Pendant que je discutais avec cet agent de police, la négociation se poursuivait entre le conducteur et un autre policier. Quelques minutes plus tard, le conducteur est venu me voir pour me dire : « c’est arrangé, on peut y aller ». Il venait de lâcher 5000 francs congolais à ces flics pourris.

Ce que je trouve surprenant dans l’affaire c’est que j’étais seul face à ces corrompus de policiers. Les autres clients qui étaient avec moi à bord du taxi trouvaient normal que ces hommes en uniforme dépouillent ainsi le conducteur et ne semblaient pas pressés du tout.

Il faut vraiment être congolais pour comprendre et tolérer ce genre de choses.

Voleurs de câbles de la SNEL en prison

Procès deux voleurs de câbles de la SNEL

J’ai été invité il y a quelques jours à couvrir un procès au quartier Yolo dans la commune de Kalamu à Kinshasa. Deux messieurs comparaissaient l’un pour avoir volé 56 mètres de câble de la Société nationale d’électricité et l’autre pour avoir acheté le câble volé.

Des vols de ce genre sont très fréquents à Kinshasa et les voleurs ont plutôt la tache facile vu que dans des quartiers comme Yolo, il n’y a presque jamais d’électricité. Ils profitent donc de l’obscurité et c’est encore plus aisé pour eux de couper les câbles quand ils savent qu’il n’y a aucun risque d’électrocution.

Le procès ressemblait beaucoup plus à une pièce de théâtre qu’à autre chose. Quatre chaises et une table de jardin, un pare-soleil, deux juges, un avocat pour la SNEL et un autre pour les deux inculpés et bien sûr une poignée d’habitants du quartier. Des journalistes étaient aussi de la partie.

Verdict : Douze mois de prison ferme plus 100 dollars américains pour le voleur et six mois pour le receleur. J’espère que ces malfrats vont purger leur peine et qu’on ne vivra pas encore une fois le genre de scénario où pour avoir payé un peu d’argent, les criminels se retrouvent en liberté au bout de quelques semaines.

Album photo du procès