Discussion avec un roulage

Pour la première fois de ma vie, j’ai failli frapper un policier. Il m’a tellement énervé que j’aurais pu l’étrangler. Ma journée avait pourtant bien démarré mais tout s’est gâté alors que j’étais en route pour répondre à un rendez-vous de travail très important. Par malheur, le taxi que j’avais emprunté est tombé entre les mains de roulages et le problème c’est qu’ils semblaient bien décidés non seulement à ruiner le conducteur mais aussi à me faire perdre mon temps et même me faire manquer mon rendez-vous.

« Vous avez créé une troisième bande, garez-vous sur le côté ». Le conducteur obtempère, descend ensuite du véhicule et s’éloigne avec les policiers. Les autres clients et moi-même savions très bien que comme d’habitude, ils se mettaient en retrait pour la discussion, les négociations pour établir le prix de « l’amende », le pot de vin, s’il faut appeler le chat par son nom.

Au bout de 20 minutes j’ai perdu patience et je me suis décidé à aller voir ce qui se passait. Un des policiers me voyant arriver m’a lancé : « ce n’est pas vos affaires, allez attendre dans la voiture ! ».

Là je me suis énervé et la situation a dégénéré

Extrait de la discussion :

Moi : Vous me faites perdre mon temps, j’ai un rendez-vous important, je risque d’être en retard…

Le policier : Allez attendre dans la voiture Monsieur !

Moi : Je n’irais pas attendre, j’ai assez perdu de temps comme ça, je suis un honnête congolais qui va travailler et je trouve ridicule qu’une poignée de policiers véreux me fassent perdre mon temps…

Le policier : Qui traitez-vous de policier véreux ? Vous savez que je peux vous arrêter pour outrage ?…

Moi : Outrage à quoi ? Outrage à corrompu ? Arrêtez-moi tout de suite si vous en avez le courage ou sinon relâchez ce conducteur pour qu’il emmène à destination les congolais honnêtes qui ont mieux à faire qu’essayer de rançonner les autres…

Le policier : Vous osez me parler comme ça parce que je suis en uniforme. Comme vous êtes sapé, vous n’oseriez pas me parler de la sorte si j’étais en civil…

Moi : Corrompu et sapeur en même temps ? On aura tout vu ! Je me demande comment le Congo se développera avec des gens de votre espèce…

Le policier : Arrêtez de me parler sans respect, je suis plus âgé que vous…

Moi : Vous pensez vraiment que vous méritez du respect quand vous avez pour occupation de tracasser bêtement les honnêtes gens ?…

Pendant que je discutais avec cet agent de police, la négociation se poursuivait entre le conducteur et un autre policier. Quelques minutes plus tard, le conducteur est venu me voir pour me dire : « c’est arrangé, on peut y aller ». Il venait de lâcher 5000 francs congolais à ces flics pourris.

Ce que je trouve surprenant dans l’affaire c’est que j’étais seul face à ces corrompus de policiers. Les autres clients qui étaient avec moi à bord du taxi trouvaient normal que ces hommes en uniforme dépouillent ainsi le conducteur et ne semblaient pas pressés du tout.

Il faut vraiment être congolais pour comprendre et tolérer ce genre de choses.

Voleurs de câbles de la SNEL en prison

Procès deux voleurs de câbles de la SNEL

J’ai été invité il y a quelques jours à couvrir un procès au quartier Yolo dans la commune de Kalamu à Kinshasa. Deux messieurs comparaissaient l’un pour avoir volé 56 mètres de câble de la Société nationale d’électricité et l’autre pour avoir acheté le câble volé.

Des vols de ce genre sont très fréquents à Kinshasa et les voleurs ont plutôt la tache facile vu que dans des quartiers comme Yolo, il n’y a presque jamais d’électricité. Ils profitent donc de l’obscurité et c’est encore plus aisé pour eux de couper les câbles quand ils savent qu’il n’y a aucun risque d’électrocution.

Le procès ressemblait beaucoup plus à une pièce de théâtre qu’à autre chose. Quatre chaises et une table de jardin, un pare-soleil, deux juges, un avocat pour la SNEL et un autre pour les deux inculpés et bien sûr une poignée d’habitants du quartier. Des journalistes étaient aussi de la partie.

Verdict : Douze mois de prison ferme plus 100 dollars américains pour le voleur et six mois pour le receleur. J’espère que ces malfrats vont purger leur peine et qu’on ne vivra pas encore une fois le genre de scénario où pour avoir payé un peu d’argent, les criminels se retrouvent en liberté au bout de quelques semaines.

Album photo du procès

Congolais débrouillards : Enfants commerçants !

Kinshasa : Enfants commerçants

La série « congolais débrouillards » connaît un grand succès ! Pour les roulages, plus de 200 commentaires et plus de 1600 clics en 4 jours, c’est un record ! À l’honneur aujourd’hui, les enfants businessmans. J’ai toujours dit que les congolais étaient les plus débrouillards du monde mais aujourd’hui j’ajoute : aux âmes congolaises, la débrouillardise n’attend pas le nombre des années.

Des enfants commerçants j’en croise tous les jours et il y en a de plus en plus. Il y a quelques jours alors que j’étais sur le campus de l’université de Kinshasa pour un reportage dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion de discuter avec deux de ces jeunes businessmans qui ont bien voulu partager avec moi les contours de leur business.

Ces petits ont vraiment le sens des affaires. Ils étaient d’accord pour répondre à mes questions mais je devais par contre payer avant de faire la photo.

Encore enfants mais obligés de se débrouiller
Ils ont 13 et 14 ans. Ces deux enfants errent tous les jours sur le campus de l’UNIKIN pour essayer d’écouler leur stock essentiellement constitué de stylos, papiers et biscuits. L’école, ça fait longtemps qu’ils n’y ont pas été et l’université, difficile pour eux d’espérer ou même de rêver d’y mettre un jour les pieds comme étudiants.

Dégradation des conditions de vie, maigres salaires pour leurs parents, grèves prolongées des enseignants, ces enfants n’ont pas d’autre choix que de se débrouiller. Il en ont pour au moins 1500 francs de marchandise dans leurs cartons et ils m’ont confié qu’ils s’en sortaient avec en moyenne 400 à 500 francs congolais de bénéfice par jour. Moins d’un dollar américain, pas grand-chose par rapport au coût de la vie à Kinshasa.

Il est permis de rêver
Quand on est enfant, on a des rêves. Quand j’avais 13 ans, je rêvais d’avoir la console de jeu dernier cri mais pour ces enfants, des rêves différents. « Plus tard je veux aller en Europe, travailler, gagner beaucoup d’argent pour venir en aide à ma famille », m’a répondu un des garçons lorsque je lui ai posé la question de savoir ce qu’il comptait faire plus tard.

En voilà deux qu’on va peut être retrouver à essayer de traverser l’océan à la nage pour atteindre le paradis européen !

La jeunesse c’est l’avenir ?
L’avenir du Congo doit-il reposer sur cette jeunesse de moins en moins instruite et de plus en plus débrouillarde ?

Congolais débrouillards : Les roulages

Kinshasa : Roulages

Ils sont très nombreux à me demander de parler de choses positives ou encore de ces congolais qui se débrouillent pour s’en sortir dans un pays dépourvu de structures formelles. Je commence donc une série « congolais débrouillards » et à l’honneur aujourd’hui, les policiers de la circulation plus communément appelés Roulages.

Leur travail
Le rôle du roulage est de régler la circulation et veiller au respect du code routier. On les retrouve le long des rares routes encore asphaltées à Kinshasa et dans les autres coins du Congo. Ils bravent tous les jours en faisant leur travail le chaud soleil tropical mais ils n’aiment pas trop la pluie. Dès qu’elle arrive, ils courent s’abriter et pendant ce temps, les usagers de la route n’ont qu’à se débrouiller.

Quelques chiffres
Un roulage qui requiert l’anonymat m’a livré quelques chiffres très intéressants. Lorsqu’il a la chance de le toucher, son salaire mensuel tourne autour de 30 dollars américains. Il a 6 enfants, deux sont à l’université, trois à l’école et le tout petit dernier dans les bras de sa mère.

Son loyer lui coûte 80 dollars américains. Il paie sans compter syllabus et différents frais supplémentaires 180 dollars par année et par enfant pour ceux qui sont à l’université et environ 120 dollars par année et par enfant pour ceux qui sont à l’école. Faut-il que je mentionne qu’en père de famille, cet homme doit aussi nourrir, vêtir et assurer pour lui et pour sa famille un accès aux soins de santé ?

Pas besoin d’être un expert en finances pour réaliser avec ces données chiffrées que ce fonctionnaire dépense bien au delà de son salaire.

« Je me débrouille », m’a-t-il répondu lorsque je lui ai posé la question de savoir comment il faisait pour s’en sortir.

En quoi consiste cette débrouille ?
Arrêter tout au long de la journée le maximum de conducteurs en infraction et leur faire cracher quelques francs. Quand il n’y a pas infraction, il faut en trouver, en créer une s’il le faut. Le montant des amendes varie en fonction de la tête du client, de la marque de la voiture et même de la couleur de la peau du conducteur. Tradition orale oblige, pas de quittance après paiement.

En fonction de la rentabilité du coin où ils se retrouvent, les roulages s’en sortent avec une moyenne de 20 dollars par jour. Ils doivent verser une partie de la somme aux « commandants » qui eux restent enfermés toute la journée dans leurs bureaux. « Je donne une partie de l’argent que je gagne au commandant afin qu’il veille à ce que je sois toujours placé dans des coins rentables » m’a laissé entendre mon ami roulage.

Les meilleurs clients
Les premiers dans la liste des meilleurs clients sont les chauffeurs taxi. Pas très éduqués et ne connaissant pas trop leurs droits, il ne sont souvent pas en règle et donc prêts à payer sans trop faire d’histoires. Il faut quand même faire attention parce qu’ils sont très imprévisibles. Un moment de distraction et ils vous glissent entre les doigts.

Viennent ensuite les expatriés (blancs de préférence) qui ne connaissent pas très bien les règles du pays et tremblent devant les policiers pensant qu’ils sont aussi méchants que ceux qu’ils ont chez eux. Prudence cependant, Il est possible qu’ils connaissent des autorités haut placées et faire des problèmes.

Faut-il au regard de cette situation traiter ces policiers de corrompus ou doit-on considérer que comme tous les autres fonctionnaires congolais sous-payés, ces gens se battent à leur manière pour leur survie, pour trouver chaque jour leur pain quotidien ?

Installations électriques made in Congo

Installation électrique made in Congo

J’ai eu froid au dos en voyant l’installation électrique de chez moi il y a quelques jours. Faut-il encore se poser des questions sur l’origine des coupures intempestives d’électricité et des nombreux incendies à Kinshasa et dans le reste du pays?

Je ne devrais d’ailleurs pas me plaindre mais plutôt m’estimer heureux et peut être me dire que c’est une avancée positive d’avoir un semblant de disjoncteur et des fusibles étant donné que dans la majorité des parcelles avoisinantes, il n’y a rien d’autre que quelques fils mal isolés, connectés directement au réseau électrique.

À chaque fois qu’on leur pose des questions sur les nombreuses pannes, les autorités de la SNEL se défendent, rejetant la faute sur la population qui se connecterait anarchiquement au réseau et le surchargeant. Aucune politique pour contrôler ou sanctionner les contrevenants mais la société nationale d’électricité démontre sa force lorsqu’il s’agit de réclamer le paiement des factures même lorsqu’elle ne vous fournit pas d’énergie pendant des mois.

J’espère que tous ces problèmes seront résolus avec les 5 chantiers… En attendant, je ne peux que prier pour qu’il n’y ait pas de court-circuit et surtout pas d’incendie chez moi.

Journaliste, un métier risqué au Congo

Un journaliste arrêté depuis plus d’une semaine à Kinshasa alors que son journal enquêtait sur des contrats miniers en RD Congo.

Extrait d’un communiqué publié par l’ONG Journaliste en danger :

« MAURICE KAYOMBO, journaliste au Magazine « LES GRANDS ENJEUX », mensuel d’investigations et d’analyse imprimé en Afrique du Sud et distribué à Kinshasa et à Lubumbashi, est incarcéré, depuis une semaine, dans les cachots du parquet près le tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe. Officiellement, le journaliste est poursuivi pour « chantage et dénigrement d’une autorité » sur une plainte de M. Christophe KANINIO, secrétaire général du Ministère des Mines. Il a été arrêté, mercredi 9 janvier 2008, dans les propres bureaux du secrétaire général aux mines par des inspecteurs judiciaires, alors que le journaliste répondait à une invitation afin de recouper des informations en sa possession. »

C’est clair qu’il y a des dossiers auxquels il ne faut pas toucher… Aller foutre son nez dans les contrats miniers peut en effet être très risqué. Dans les meilleurs des cas on finit en prison mais dans les pires, on se voit carrément offrir un séjour au cimetière. Pas très encourageant pour ceux qui ont choisi le métier d’informer…

Devoir de mémoire :
Serge Maheshe
Franck Ngyke
Bapuwa Mwamba

Kinshasa, la plus grande poubelle du monde

Kinshasa : Enfants jouant dans un amas d'ordures

Chacun de tous ceux qui se sont succédés à la tête de la ville de Kinshasa ces dernières années nous a fait voir ce qu’il entendait par le mot salubrité. Certains se sont limités à la démolition des constructions anarchiques et d’autres se sont montrés fiers de mettre bien évidence une poignée de balayeurs sur les principales artères de la ville.

Je me demande bien pourquoi nous n’avons pas la chance de tomber sur un gouverneur assez futé pour savoir que la propreté dans une ville de huit millions d’habitants passe quand même par un système efficace de collecte et de traitement des ordures.

Les sacs en plastique et immondices de toutes sortes font partie du décor dans la ville de Kinshasa. Les amas d’ordures sont même devenus des terrains de jeu pour certains enfants.

C’est facilement que l’état congolais offre des 4×4 à ses députés mais c’est bien plus compliqué apparemment de se procurer des engins pour la salubrité des villes du Congo.

Encore un accident causé par un Antonov roulant à Kinshasa

Kinshasa : Un bus accidenté

Tout comme leurs frères volants, les Antonov roulants de fabrication occidentale mais modifiés et bricolés par les mécaniciens congolais font des victimes tous les jours. Ce matin, il y a eu un accident dans la commune de Ngaliema, derrière l’école américaine de Kinshasa. Un vieux bus pourri qui a perdu ses freins a fini sa course dans un mur, faisant plusieurs blessés mais heureusement pas de mort.

Les hôpitaux publics à peine fonctionnels depuis deux mois maintenant pour raison de grève, les blessés se sont retrouvés dans des petits centres médicaux privés. J’en ai vu personnellement une vingtaine dont cinq dans un état inquiétant.

Il n’y a même pas à se poser des questions sur les causes de ces accidents tellement elles sont évidentes. Le bus de ce matin bien qu’étant très vieux transportait près de quarante personnes, alors qu’il a une capacité de vingt places. Il faut aussi mentionner le fait qu’au Congo le permis de conduire ne se passe pas mais se vend. Facile donc de retrouver quelqu’un ne sachant pas très bien conduire au volant d’un bus transportant plusieurs personnes.

Je n’ai personnellement jamais passé de test pour obtenir mon permis et en plus, je n’ai pas eu besoin de me déplacer pour aller le chercher. J’ai juste donné de l’argent à un ami qui est allé l’acheter pour moi.

Comme il n’y a pas eu de mort aujourd’hui, les cercueils roulants vont continuer à tourner. Il faudra sans doute attendre un gros accident faisant plusieurs morts pour voir les autorités congolaises se pencher sur le problème de ces Antonov roulants.

Vous avez dit changement des mentalités ?

Kinshasa : Un homme urinant sur la voie publique

Je vous présente un vrai Kinois. Braguette ouverte en train d’uriner en plein jour sur une voie publique s’en foutant totalement de l’inscription « Epekisami Kosuba awa » qui veut dire « interdit d’uriner ici » juste au dessus de sa tête. En voyant cet homme, je me suis empressé de sortir mon appareil pour prendre vite fait et discrètement une photo mais pas de chance, je me suis fait surprendre.

Le monsieur a très mal pris mon geste et m’a pratiquement sauté dessus m’obligeant de supprimer la photo prise. Je m’en suis sorti après quinze minutes de discussions et après avoir feint de supprimer la photo. Pendant la discussion, j’ai essayé d’expliquer au gars que son geste était déplorable mais j’ai reçu comme réponse de sa part : « montre-moi une toilette publique où j’aurais pu aller… ».

C’est vrai en effet que dans ce coin chic où nous nous retrouvions dans la commune de la Gombe, en plein centre-ville de Kinshasa, il n’y avait pas de toilette publique et je suis sûr que les locataires des villas avoisinantes vous regarderaient assez bizarrement si vous alliez toquer chez eux pour demander la permission d’utiliser leurs toilettes.

Que feriez-vous si vous vous retrouviez dans la situation de ce monsieur, avec une envie pressante et pas de toilette publique à plus de 10 kilomètres à la ronde ?

Quels sont les critères de sélection des chantiers à Kinshasa ?

Kinshasa, Site érosif à Kimwenza

La ville de Kinshasa revit depuis ce matin alors qu’elle est restée inanimée durant toute la période des fêtes de fin d’année. Cette année, pas trop de festivités. L’ambiance est revenue, les élèves ont repris le chemin de l’école après deux semaines de congé; travailleurs et débrouillards se sont remis au boulot.

Hier, alors que je devais me rendre à Kimwenza, un quartier pas trop loin de l’université de Kinshasa, j’ai été surpris de voir que le taxi collectif que j’avais pris s’arrêtait avant la destination finale. C’est en descendant que j’ai vu devant moi un énorme ravin qui coupait la route. Impossible donc pour les véhicules de traverser.

Il a fallu descendre, traverser à pied sur une sorte de pont en sacs remplis de sable et aller prendre un autre taxi sur l’autre rive et continuer le parcours. Deux taxis donc à payer alors qu’en temps normal, le même taxi vous emmène jusqu’à destination. Ceux qui n’ont pas les moyens de payer double course descendent là et continuent à pieds. En plus du fait que ça leur fait des économies, ça doit leur faire du bien de faire un peu de marche. Le sport c’est bon pour la santé !

Je n’en croyais franchement pas mes yeux en voyant ce cratère. On dirait qu’une comète est tombée là. Pas de chance pour les habitants de cette partie de Kinshasa qui devront peut être attendre très longtemps pour que ce problème d’érosion qui menace même leurs habitations soit jugé «chantiable». La malchance de ne pas être riche et de vivre loin du centre-ville de Kinshasa et de ses chantiers.

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